Historien
juif de l'Antiquité, pratiquement contemporain de
Jésus-Christ,
Flavius Josèphe (37-100) fut un auteur qui travailla au service
de l'occupant romain. Il écrivit de nombreux ouvrages
historiques sur le peuple d'Israël et sur son époque.
Nommé gouverneur de Galilée, il prit part à la
rébellion juive contre les Romains en 67, mais tenta une
négociation infructueuse auprès des futurs empereurs
romains Vespasien et Titus. Convaincu de la supériorité
romaine, il se rallia à l'occupant tout en restant fidèle
au judaïsme. Les écrits de Flavius Josèphe sont des
sources très documentées sur
le contexte de la résistance juive [1].
Buste romain supposé représenter
Flavius Josèphe.
(image : http://www.livius.org)
|
Page médiévale extraite
des écrits de Josèphe.
(image :
http://www.collectionscanada.ca) |
Jésus dans "Les Antiquités judaïques"
Dans l'un
de ses livres, les "Antiquités judaïques" écrites
vers 93, un passage appelé
Testimonium flavianum
(témoignage flavien) parle d'un personnage "sage". La version
ci-dessous nous a été transmise
indirectement par Eusèbe de Césarée (265-340) dans
son
"histoire ecclésiastique". L'authenticité de certains
passages
a été mise en doute par quelques érudits (termes
discutés
figurant entre parenthèses) [5] :
"Vers ces temps-là un
homme sage est né, (s'il faut l'appeler un homme). Il
accomplissait
notamment des actes étonnants et est devenu un maître pour
des gens qui acceptaient la vérité avec enthousiasme. Et
il
est parvenu à convaincre beaucoup de juifs et de grecs. (Le
Christ
c'était lui). Et quand, par suite de l'accusation de la part des
gens
notables parmi nous, il avait été condamné par
Pilate
à être crucifié, ceux qui l'avaient aimé
dès
le début n'ont pas cessé. (Il leur est apparu le
troisième
jour de nouveau vivant) selon les paroles des divins prophètes
qui
racontent ceci et mille autres merveilles à son sujet. Et
jusqu'aujourd'hui le peuple qui s'appelle chrétien
d'après lui n'a pas disparu."
Il existe d'autres versions
très proches de cet extrait, telle celle de
l'évêque Agapios de
Hiérapolis en Syrie au Xème siècle, écrite
en
arabe et redécouverte en 1971 par le professeur israélien
Shlomo Pinès. Nous le retrouvons dans aussi la chronique de
Michel le Syrien, qui fut patriarche jacobite d'Antioche au
XIIème
siècle.
Jésus dans "La guerre des Juifs"
Une autre oeuvre de
Josèphe, "La guerre des Juifs", rédigée vers 79 et
consacrée au récit de la prise de Jérusalem en 70,
parle également de Jésus et de la communauté
nouvelle qui s'est créée à sa suite.
A côté de la version
classique, fut retrouvée en 1905 une version en vieux russe
(slavon) de "La guerre des Juifs", qui parle aussi de Jésus et
de l'histoire de sa vie. En résumé, Jésus est
appellé le "thaumaturge", et doté de pouvoirs de
guérison extraordinaires. Pour Josèphe, ces faits ne
peuvent relever de la magie, mais seulement du divin. Cet homme
réalise ses bienfaits en grand nombre, ce
qui finit par provoquer des troubles ; les Romains arrêtent le
thaumaturge, puis le relâchent. Enfin les prêtres le font
condamner par le gouverneur, en achetant sa condamnation à un
bon prix. Par ailleurs, ce manuscrit parle également de Jean le
Baptiste
et de l'apôtre Jacques. Cette version comportant des
différences importantes avec la version connue, elle fut
oubliée vers 1930 car on l'a crue inauthentique, quoiqu'elle
soit susceptible de dériver du texte grec [4][6].
A côté des
Evangiles, les écrits de Flavius Josèphe sont
les plus anciens documents connus qui parlent de la vie de
Jésus-Christ.
Références :
[1] -
http://fr.wikipedia.org/wiki/Flavius_Jos%c3%a8phe