Le texte de la Genèse
rapporte que les hommes établis "dans une plaine au pays de
Sennaar" construisirent une très grande tour de briques cuites
liées par du bitume. Mécontent de l'orgueil qu'ils
manifestaient au travers de cette oeuvre, Dieu intervint et fit en
sorte que leur langage
unique se différencie en plusieurs langues, afin qu'ils ne
puissent
plus communiquer entre eux. Par voie de conséquence, la
construction
du monument fut interrompue et la population se dispersa. Le nom de
Babel
traduirait ce brouillage de langues (Genèse 11, 1-9).
En hébreu, le mot Babel
vient de la racine "bbl" qui signifie "mêler, confondre les
langues". D'après les spécialistes des écritures
anciennes, cette ville biblique ne serait autre que la puissante
cité de Babylone. En effet, le terme Babel signifie aussi
Babylone en hébreu, et il est employé souvent dans la
Bible avec cette acception. En akkadien, Babylone se dit "Babilim". Il
est évident que Babel et Babilim viennent de la même
racine. En outre, Babilim signifie aussi "porte du dieu" dans la langue
autochtone [1].
Les restes de la ziggurat d'Ur.
(image : http://www.brynmawr.edu/Acads/Cities/wld/wcapts1.html)
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Ce qui reste de la ziggurat de Babylone,
ou tour de Babel, vue d'avion.
(image :
http://www.zionministry.com/PlanofGod/Chapt2.html)
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La tour de Babel biblique semble
s'apparenter à une "ziggurat", probablement celle qui fut mise
à
jour en 1913 dans les ruines de Babylone par une mission
archéologique
allemande. Les ziggurats sont des tours carrées à
étages, construites en briques, que l'on trouve dans de
nombreuses anciennes villes
mésopotamiennes. Celle de Babylone, située tout
près de l'ancien palais
de Saddam Hussein, mesurait 90 m de côté et probablement
à peu près autant en hauteur.
Son âge est indéterminé, mais la ville aurait
été fondée vers 2250 av. J.-C., au temps de
l'empire d'Akkad [2]. Aujourd'hui, ce monument est dans un état
de ruines avancé et il n'en reste presque rien. Seul le
tracé de son contour est encore visible vu d'avion.
Ses murs ont laissé la place à un fossé
marécageux, car la nappe phréatique rend le terrain
difficilement
praticable.
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Maquettes représentant la
ziggurat de Babylone et l'ancienne cité.
(images : http://arethuse1.free.fr ; http://www.zionministry.com/PlanofGod/Chapt2.html)
Les
ziggurats sont présentes dans un grand nombre de villes
chaldéennes. Certaines sont mieux conservées que d'autres
; un exemple assez
représentatif est celle d'Ur, en nettement meilleur état.
Comme toutes les ziggurats, la tour de Babylone était sans doute
un temple dédié à une divinité locale,
en l'occurence Mardouk, le dieu tutélaire de Babylone. Elle
était appelée "Etemenanki", c'est-à-dire "la
demeure du ciel et de la terre".
La ziggurat de Babylone se
dégrada au cours des guerres successives. Elle fut
restaurée par le roi Nabuchodonosor II (604-562 av. J.-C.),
comme l'atteste une stèle qui la représente et qui relate
les travaux entrepris.
Un autre document qui la décrit avant
sa destruction est la tablette d'Esagil, qui fut rédigée
à Uruk en 229 avant notre ère. Traduite par
l'assyriologue George Smith, elle porte une description
littérale
qui a donné lieu à différentes reconstitutions
possibles
de sa forme. En revanche, on possède très peu
d'informations
sur les rituels qui étaient pratiqués autour de ce type
de
construction. Le bâtiment construit au sommet semble avoir
été
consacré à la "hiérogamie", une sorte de mariage
sacré
avec une divinité ; mais il pourrait avoir eu également
d'autres usages comme l'observation astronomique.
Stèle
trouvée à Babylone, montrant une représentation
de la ziggurat entre 604 et 562 av. J.-C..
(image : http://www.earth-history.com/Clay-tablets.htm)
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La tablette de l'Esagil.
(image : http://www.ezida.com/ziggourat%20esagil.htm)
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Mais le témoignage
le plus vivant qui nous soit parvenu à propos de la tour de
Babylone,
est celui de l'historien Hérodote d'Alicarnasse, qui lui
consacre au
Vème siècle avant notre ère un paragraphe dans ses
"notes de voyage" [3] :
"Au milieu se dresse une tour
massive, longue et large d'un stade, surmontée d'une autre tour
qui en supporte une troisième, et ainsi de suite, jusqu'à
huit tours. Une rampe extérieure monte en spirale jusqu'à
la dernière tour ; à mi-hauteur environ il y a un palier
et des sièges, pour qu'on puisse s'asseoir et se reposer au
cours
de l'ascension. La dernière tour contient une grande chapelle,
et
dans la chapelle on voit un lit richement dressé, et près
de lui une table d'or. Mais il n'y a point de statue, et nul mortel n'y
passe a nuit, sauf une seule personne, une femme du pays, celle que le
dieu a choisie entre toutes, disent les Chaldéens qui sont les
prêtres
de cette divinité. Ils disent encore (mais je n'en crois rien)
que
le dieu vient en personne dans son temple et se repose sur ce lit comme
cela se passe à Thèbes en Égypte, à en
croire
les Égyptiens - car là aussi une femme dort dans le
temple
de Zeus Thébain - ; ces deux femmes n'ont, dit-on, de rapports
avec
aucun homme. La même chose se passe encore à Patares en
Lycie
pour la prophétesse du dieu (quand il y a lieu, car l'oracle ne
fonctionne
pas toujours) : elle passe alors ses nuits enfermée dans le
temple."
Lorsque les habitants de
Jérusalem furent déportés à Babylone au
VIème siècle av. J.-C., ils eurent l'occasion de
contempler la ziggurat restaurée par leurs vainqueurs. La tour
sera définitivement démolie par Alexandre le Grand en 331
av. J.-C. [4][5][6].
Références :
[1] -
http://www.ezida.com/ziggourat.htm
[2] -
http://arethuse1.free.fr/carte.php
[3] -
http://www.ezida.com/ziggourat%20herodote.htm
[4] - G. Roux : "La Mésopotamie". Seuil, Paris 1995.
[5] - "Babylone secrète". Vidéoprogramme, Arte.
[6] -
http://www.theology.edu/lec22.htm