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(travelblog.org)
La tour de Babel

retrouvée ?

(jss.over-blog.com)





La catastrophe meurtrière du Déluge laissa les descendants de Noé repeupler seuls la planète et réoccuper les territoires de leurs ancêtres disparus. Ils ne furent d'ailleurs pas beaucoup plus sages que leurs prédécesseurs.

Les hommes établis "dans une plaine au pays de Sennaar" entrerprirent de bâtir une très grande tour, constituée de briques cuites liées par du bitume. Dieu n'apprécia pas l'orgueil qu'ils manifestaient au travers de cette œuvre. Il intervint en faisant en sorte que leur langage unique se différencie, afin qu'ils ne puissent plus communiquer entre eux. Par voie de conséquence, la construction du monument fut interrompue et la population se dispersa (Gn. 11, 1-9).

Etymologiquement, le nom de Babel exprimerait ce brouillage de langues. En hébreu, le mot Babel vient de la racine "bbl" qui signifie "mêler, confondre les langues". Or d'après les spécialistes des écritures anciennes, la ville nommée Babel dans la Bible ne serait autre que la puissante cité de Babylone. En effet, le terme Babel signifie aussi Babylone en hébreu et il est employé souvent dans la Bible sous cette forme. En akkadien, Babylone se dit "Babilim". Il est évident que Babel et Babilim ont la même racine étymologique. En outre, Babilim signifie aussi "porte du dieu" dans la langue sumérienne.






Les restes de la ziggurat d'Ur.
(brynmawr.edu)


Ce qui reste de la ziggurat de Babylone,
ou tour de Babel, vue d'avion.

(zionministry.com)




            La tour de Babel évoquée dans la Genèse pourrait s'apparenter à une "ziggurat", sorte de tour carrée à étages construite en briques comme celles que l'on trouve dans de nombreuses anciennes villes mésopotamiennes. Celle de Babylone fut mise à jour en 1913 par la mission archéologique allemande de Robert Koldewey. Située tout près de l'ancien palais de Saddam Hussein, elle mesurait 90 m de côté et probablement à peu près autant en hauteur. Son âge est indéterminé, mais nous savons que la ville fut fondée sans doute vers 2250 av. J.-C. Aujourd'hui, ce monument est dans un état de ruines avancé et il n'en reste presque rien. Seul le tracé de son contour est encore visible vu d'avion. Ses murs ont laissé la place à un fossé marécageux, car la nappe phréatique rend le terrain difficilement praticable.

        Des ziggurats furent construites dans un grand nombre de villes chaldéennes. Certaines sont mieux conservées que d'autres ; un exemple assez représentatif est celle de l'ancienne Ur, aujourd'hui partiellement reconstruite. Comme toutes les ziggurats, la tour de Babylone était sans doute un temple dédié à une divinité locale, en l'occurrence le dieu Mardouk, protecteur de la cité. Nous savons même par des tablettes cunéiformes qu'elle était appelée "Etemenanki", c'est-à-dire "la demeure du ciel et de la terre".

 






Maquettes représentant la ziggurat de Babylone et l'ancienne cité.
(arethuse1.free.fr ; zionministry.com)





Bâtie sans doute au temps du roi Hammourabi (1792-1750 av. JC.), la ziggurat de Babylone se dégrada peu à peu durant l'Antiquité. Elle fut toutefois restaurée par le roi Nabuchodonosor II (604-562 av. J.-C.), comme l'atteste une stèle qui la représente et qui relate les travaux entrepris. Un autre document qui la décrit avant sa destruction définitive est la tablette d'Esagil, rédigée à Uruk en 229 avant notre ère. Traduite par l'assyriologue George Smith, elle porte une description littérale qui confirme ses dimensions.

On possède assez peu d'informations sur les rituels qui étaient pratiqués autour de ce type de construction. Le petit bâtiment construit au sommet semble avoir été un temple consacré à la "hiérogamie", une sorte de mariage sacré entre une femme et une divinité ; mais il semble avoir eu également d'autres usages comme celui d'observatoire astronomique.





 



Stèle trouvée à Babylone et
portant une représentation de la ziggurat

(earth-history.com).


La ziggourat sur la stèle de Babylone
et le roi Nabuchodonosor II

(schoyencollection.com).





Mais le témoignage le plus vivant qui nous soit parvenu à propos de la tour de Babylone, est celui de l'historien Hérodote d'Alicarnasse, qui lui consacra au Vème siècle avant notre ère un paragraphe dans ses "notes de voyage" :

            "Au milieu se dresse une tour massive, longue et large d'un stade, surmontée d'une autre tour qui en supporte une troisième, et ainsi de suite, jusqu'à huit tours. Une rampe extérieure monte en spirale jusqu'à la dernière tour ; à mi-hauteur environ il y a un palier et des sièges, pour qu'on puisse s'asseoir et se reposer au cours de l'ascension. La dernière tour contient une grande chapelle, et dans la chapelle on voit un lit richement dressé, et près de lui une table d'or. Mais il n'y a point de statue, et nul mortel n'y passe la nuit, sauf une seule personne, une femme du pays, celle que le dieu a choisie entre toutes, disent les Chaldéens qui sont les prêtres de cette divinité. Ils disent encore (mais je n'en crois rien) que le dieu vient en personne dans son temple et se repose sur ce lit comme cela se passe à Thèbes en Égypte, à en croire les Égyptiens - car là aussi une femme dort dans le temple de Zeus Thébain - ; ces deux femmes n'ont, dit-on, de rapports avec aucun homme. La même chose se passe encore à Patares en Lycie pour la prophétesse du dieu (quand il y a lieu, car l'oracle ne fonctionne pas toujours) : elle passe alors ses nuits enfermée dans le temple."

La ziggurat était probablement encore debout lorsque les Juifs de Jérusalem furent déportés à Babylone, au VIème siècle av. J.-C.. Elle fut définitivement démolie par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C..







La tablette de l'Esagil
(ezida.com).









Références :

[1] - C. Asensio : "Enquête sur les ziggurats" (ezida.com).
[2] - A. Barguet : "Hérodote, l'enquête, livres I à IV", Gallimard 1964. Cité par C. Asensio : "Qui est Hérodote ?" (ezida.com).
[3] - G. Roux : "La Mésopotamie". Seuil, Paris 1995.
[4] - "Babylonia". Quartz Hill School of Theology (theology.edu).







La suite : Les ancêtres d'Abraham

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