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Jésus
se rendit plusieurs fois dans la capitale
judéenne ; il fit sa dernière entrée en apparaissant monté sur un âne
et fut
reçu triomphalement par les habitants, qui élevèrent des palmes en son
honneur
et disposèrent leurs manteaux sur son chemin. Il
opéra plusieurs miracles dans la grande cité. Il
fréquenta ensuite largement le Temple d'Hérode, où il diffusa
librement son enseignement, quoique ses relations avec le clergé
fussent
tendues.
Jérusalem vue du mont des Oliviers
(.math.utah.edu/~yael).
La piscine de Siloé
La
guérison d'un aveugle de naissance se fit au contact de l'eau d'un bain
public.
Jésus mit de la boue sur les yeux de l'aveugle, puis l'envoya se laver
dans la
piscine de Siloé. A son retour l'aveugle avait acquis la vue (Jn. 9,
7).
L'ancienne
piscine de Siloé n'a pas été identifiée sans erreur du premier coup. On
a
longtemps cru que cette piscine n'était autre que la sortie étroite et
sombre
du canal souterrain d'Ezéchias, à l'extrémité sud de la cité de David.
Cependant une meilleure proposition fut faite en 2004.
Des
travaux réalisés sur une canalisation proche de là permirent de
découvrir les
marches d'un très large escalier de calcaire qui descendait en pente
douce vers
un jardin. Des fouilles furent aussitôt menées par l'archéologue Elie
Shoukron,
du Bureau des Antiquités d'Israël, et par le professeur Ronny Reich, de
l'université de Haïfa. Elles permirent de dégager une grande partie de
l'escalier, qui devait constituer le pourtour d'une ancienne piscine.
Des
tessons de poterie récoltés confirmèrent que ces bains étaient en usage
au Ier
siècle.
Bien mieux que
la
sortie obscure du canal d'Ezéchias, la disposition plus spacieuse du
nouveau
site s'accorde avec un bain public antique. Les larges marches
entourant le
plan d'eau devaient permettre à un grand nombre de personnes d'y
accéder. Sa
proximité avec le débouché du tunnel et le quartier de Siloé permet de
les
identifier à coup sûr à la piscine citée dans l'évangile. Ce site
archéologique
a été considéré par ses découvreurs comme l'une des plus importantes
trouvailles récentes en matière de vestiges bibliques [1].

Le
site en cours de fouilles
de
l'ancienne piscine de Siloé
(dqhall59.com).
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L'ancienne piscine de
Bézétha.
Le niveau du sol s'est considérablement élevé !
(digbible.org).
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La piscine de Bézétha
Un
autre récit de guérison par contact avec l'eau figure dans un passage
moins
connu de l'évangile de Jean, celui du paralytique et de la piscine de
Bézétha,
ou Béthesda (Jn. 5, 1-9). Ce point d'eau, dit l'évangéliste, était déjà
un lieu
où des miracles se produisaient fréquemment. L'eau de la piscine se
mettait
régulièrement à bouillir, sous l'action d'un ange disait-on, et dès cet
instant
la première personne malade qui s'y plongeait guérissait. Le
paralytique ayant
expliqué à Jésus qu'il y parvenait toujours trop tard, Jésus le délivra
alors
de son infirmité sur le champ.
La
piscine de Bézétha est décrite dans le texte comme étant proche de la
"porte des Brebis" et dotée de cinq portiques. C'est l'Allemand
Conrad Schick qui la redécouvrit au XIXe siècle, tout près de l'église
Sainte-Anne au Nord du mont du Temple.
Des fouilles menées par
les pères blancs dans les années 1950-60, révélèrent un bassin
rectangulaire
encadré sur ses quatre côtés par une colonnade, et séparé en deux par
une cinquième [2].
L'identification du site avec la Bézétha
évangélique ne fait aucun doute, soutenue également par l'âge des
monnaies
trouvées sur place et qui s'échelonnent entre 10 et 68 ap. J.-C. On
trouva
également sur place d'autres constructions de factures romaines,
byzantines et
médiévales. Un temple païen dédié à Esculape a suggéré que les
guérisons
pouvaient également être attribuées à ce dieu. La piscine de Bézétha
fut l'un
des rares endroits où des guérisons surnaturelles étaient signalées
indépendamment des interventions de Jésus [3][4].
Jésus et le Temple d'Hérode
Comme
le mentionne le Nouveau Testament, Jésus de Nazareth fréquenta plus
d’une fois le
Temple de Jérusalem. Parvenu dans l'enceinte du sanctuaire, il provoqua
un
incident en chassant les marchands d'articles de sacrifices. A
l'adresse de ses
disciples qui en admiraient l'architecture, Jésus annonça
prophétiquement la
ruine prochaine du monument (Jn. 2, 20, Mc. 13, 2). Cette prédiction ne
manquerait
pas de se réaliser, car le sanctuaire fut détruit en l'an 70 par
l'armée
romaine lors de la grande révolte juive [5].
Dans
cette terre d'Israël occupée où le nationalisme juif et l’impérialisme
romain s'affrontaient parfois violemment, le prophète Jésus défendait
une
position à la fois monothéiste et pacifique. Toutefois sa mission
spirituelle ne
se limitait pas à des miracles et à des paroles éloquentes. Elle avait
également un caractère sacrificiel. Le Nazaréen affirmait devoir subir
une
peine mortelle en réparation des fautes commises par l'Humanité. Ce
processus
allait s'accomplir aux portes de Jérusalem, où Jésus serait condamné à
périr
dans de terribles conditions.
Références :
[1] - T. Bolen : "Bains de Siloé
révélés" (biblelieux.com).
[2] - A.
Parrot : "Rapport sur les travaux de
l'Ecole archéologique française de Jérusalem pendant l'année 1963-1964"
;
lu dans la séance du 30 octobre 1964. In: Comptes-rendus
des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 108e
année,
N.2, 1964. pp. 322-325.
[3] - C. Mahmood : "Pool
of Bethesda".
Bible Study Connexion, oct. 13, 2009
(biblestudyconnection.blogspot.com).
[4] - "Ste Anne and the
Probatica". Franciscan Cyberspot (christusrex.org).
[5] - F.
Josèphe, "Antiquités Judaïques, 15" et
"Guerre des Juifs, 5".
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