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(johnsanidopoulos.com)
La mission

des apôtres


(freerepublic.com)






            Le livre des Actes des Apôtres, qui succède aux quatre évangiles, relate les évènements qui se sont déroulés immédiatement après l'Ascension. Il est sans doute du même auteur que l'évangile de Luc, puisqu'il s'adresse en préambule au même destinataire, un certain Théophile. La tradition assimile l'évangéliste Luc à un médecin grec qui aurait rencontré saint Paul au cours de ses missions.

 

Les Actes des Apôtres, première partie

        

    Le texte revient en détail sur l'Ascension, puis enchaîne sur l'histoire des disciples après Jésus. Ceux-ci nommèrent d'abord un nouvel apôtre, Matthias, pour remplacer Judas qui s'était donné la mort. Puis ils décrit l'expérience mystique qu'ils vécurent le jour de la Pentecôte, fête juive traditionnelle des moissons célébrée cinquante jours après Pâques.

    Jésus leur avait annoncé l'intervention prochaine d'un "Défenseur", ou Esprit-Saint, source spirituelle de l'inspiration nécessaire pour perpétuer son oeuvre. Les apôtres étaient réunis dans la chambre haute de Jérusalem, lorsqu'ils perçurent le souffle d'un violent coup de vent, suivi par l'image d'une grande flamme apparaissant sous le plafond et se posant sur leurs têtes.

         Dès cet instant ils furent animés d'un zèle missionnaire et d'une éloquence qui ne les quittèrent plus. Quelques passants attirés par le bruit les trouvèrent en train de discourir sur la mission divine de Jésus, prononçant des paroles compréhensibles dans toutes les langues.






La Pentecôte, icône grecque
(addisabram.wordpress.com).



    

    Les apôtres se rendirent ensuite dans le Temple où ils dissertèrent pareillement sur la mission divine de Jésus le Messie. Mal reçus par les prêtres juifs, ils furent arrêtés et jetés en prison ; rapidement relâchés, ils continuèrent à parler inlassablement à la foule tout en opérant eux-mêmes des miracles. Leurs paroles eurent un succès croissant et suscitèrent de nombreuses conversions. Un jeune baptisé nommé Etienne le paya de sa vie, en étant pris à parti et lapidé par des Juifs restés fidèles à la tradition. Sa mort fut le signal de la première persécution.

    La plupart des disciples de Jésus échappèrent aux poursuites en quittant Jérusalem, sans pour autant cesser de diffuser la nouvelle foi. Cela ne se fit pas sans heurts : un Juif nommé Saul (ou Paul) et originaire de Tarse combattit violemment la doctrine des apôtres. Sur la route de Damas où il cheminait pour y procéder à des arrestations, il eut une apparition aveuglante de Jésus-Christ qui l'invitait à se convertir. Saul reçut le baptême et devint par la suite l'un des plus fervents missionnaires.

    La nouvelle doctrine continuait à se propager sur la terre d'Israël. En Samarie, les miracles des apôtres dépassèrent ceux d'un magicien nommé Simon. Sur le chemin de Gaza, l'apôtre Philippe rencontra un fonctionnaire juif d'Ethiopie qu'il baptisa. Pierre se rendit à Joppé où il ressuscita une femme qui venait de décéder.

    Hébergé chez un corroyeur nommé Simon, il eut ensuite la vision mystique d'un drap rempli de nourriture et accompagné d'un message énigmatique concernant la pureté rituelle. L'interprétation qu'il en donna était que le baptême pouvait également être accordé aux païens, impurs aux yeux des Juifs ; la question se posait à propos d'un centurion romain nommé Corneille, qui reçut dès lors le sacrement. Pierre rentré à Jérusalem convainquit ses frères de la portée universelle de la révélation évangélique, qui n'était désormais plus réservée aux seuls Juifs.



 



La Palestine au temps des Actes des Apôtres.
(nthci.org).

 


 

    Une nouvelle persécution éclata cependant sous le règne d'Hérode Agrippa, roi de Judée. Le monarque tua par l'épée l'apôtre Jacques, frère de Jean, et fit arrêter Pierre. L'apôtre fut cependant délivré de sa prison par un ange qui lui ouvrit les portes en pleine nuit pendant le sommeil de ses gardiens. Le roi Hérode quant à lui mourut brutalement à la suite d'un malaise pendant une cérémonie publique.

         Une importante communauté de disciples de Jésus s'était constituée dans la ville d'Antioche, où le mot "chrétien" fut prononcé pour la première fois. C'est de là aussi que saint Paul et son disciple Barnabé partirent pour leurs premiers voyages missionnaires à l'étranger.

    Ces récits qui occupent la première moitié du livre des Actes, trouvent quelques correspondances dans l'Histoire et sur le terrain. Le contexte politique se réfère au règne d'Hérode Agrippa Ier, qui gouverna l'ensemble du territoire hébreu de 41 à 44. Flavius Josèphe confirme sa mort brutale survenue en public, alors que la foule venait de le diviniser à cause de ses vêtements étincelants. Il fut à l'instant frappé de violentes douleurs abdominales qui l'emportèrent au bout de cinq jours (Ant. judaïques XIX).

 




Monnaie à l'effigie du roi Hérode Agrippa Ier
(bible-people.info).
 




Traces de l'Eglise primitive à Jaffa

           

    Sur la terrasse d'une habitation de Joppé, l'apôtre Pierre aurait eu la vision d'un drap rempli de nourriture alors qu'il était hébergé par un certain Simon, tanneur de profession (Act. 10).

         Aujourd'hui la ville de Jaffa, l'ancienne Joppé, est implantée sur la Méditerranée au sud de l'actuelle Tel Aviv et en continuité avec elle. Jaffa possède un port typique ainsi que d'agréables ruelles étroites qui occupent une colline dominant la plage. Plusieurs monastères médiévaux se cachent derrière ses murs de pierre ocre, et une église baroque dédiée à Saint-Pierre a été construite au XVIIème siècle. Jaffa est aussi connue par la désastreuse épidémie de peste qui y ravagea l'armée de Napoléon Bonaparte en 1799.

    Des fouilles effectuées à Jaffa entre 1955 et 1974 par l'archéologue municipal Jacob Kaplan ont révélé des traces de l'antique cité, l'occupation humaine s'échelonnant du néolithique à la période actuelle. Les indices d'une présence égyptienne se remarquent en particulier par les fragments d'un portail de pierre marqué au nom de Ramsès II.






Vue aérienne de Jaffa
(scriptures.lds.org)





    L'épisode de la vision de Pierre pourrait trouver sa place dans une maison de village, encore considérée aujourd'hui comme celle de Simon le tanneur. Cette habitation qui a sans doute été remaniée depuis l'Antiquité est bâtie pratiquement en surplomb de la plage. Du côté de la rue, une entrée percée dans un mur est la seule partie aujourd'hui visible de cette propriété privée.

    Un aperçu de l'intérieur de ce patrimoine est cependant fourni par quelques photographies centenaires, qui montrent une petite cour comprenant un puits, un lavoir et un escalier montant vers une terrasse. Qui sait si ces aménagements n'ont pas servi dans l'Antiquité à alimenter un atelier de cordonnerie, et si cet escalier n'est pas celui qu'emprunta saint Pierre pour accéder à la terrasse ? Rien ne permet de l'affirmer, mais à première vue l'emplacement de cette demeure peut correspondre à celui de la maison du tanneur Simon évoquée dans les Actes des apôtres.







L'entrée de la maison
de Simon le tanneur.
(flickr.com)


Cour intérieure de la maison
de Simon le tanneur
.
(israelimages.com)






L'essor de l'Eglise d'Antioche

    

    Une autre localité a également joué un rôle important dans l'expansion du christianisme naissant : Antioche-sur-Oronte. Implantée dans l'est de l'actuelle Turquie près de la frontière syrienne, la cité occupait à l'époque romaine une place de premier plan. Capitale de la province de Syrie, elle ne comptait pas moins d'un demi-million habitants et constituait la troisième ville de l'empire après Rome et Alexandrie. Ce fut aussi un centre spirituel important au tout début du christianisme. La communauté chrétienne d'Antioche ne devait pas cesser de croître au cours des premiers siècles de notre ère.

    Ce qui reste de l'antique cité d'Antioche est partiellement recouvert par l'actuelle ville d'Antakya, dont le terrain a été partiellement fouillé entre 1932 et 1939 par une équipe franco-américaine associant la faculté de la Sorbonne à l'université de Princeton. Les chercheurs ont dégagé sur les rives de l'Oronte une partie de l'ancienne cité et notamment un rempart, un aqueduc, un hippodrome, un temple et un palais impérial, sans compter une vingtaine d'églises paléochrétiennes.

    Dans cette dernière catégorie est classé un site qui présente un intérêt particulier. Il s'agit d'une grotte connue sous le nom d'église Saint-Pierre, et creusée dans le flanc de la colline bordant la limite est de la ville. Cet abri naturel passe pour être l'une des plus anciennes églises rupestres du monde, car la tradition locale soutient que les premiers disciples du Christ s'y retrouvaient et s'y réfugiaient au moment des persécutions.






L'entrée de l'église Saint-Pierre à Antioche.
(sacred-destinations.com)


L'intérieur de l'église Saint-Pierre.
(sacred-destinations.com)


 

    C'est là que se seraient déroulées plusieurs réunions évoquées dans les Actes des apôtres, et c'est là que Paul et Barnabé auraient annoncé leurs départs en mission (11, 19-30 ; 13, 1-3). Une légende locale affirme encore que la grotte aurait été aménagée par saint Pierre en personne, conformément à l'épître aux Galates (2,11) d'après laquelle il se serait rendu à Antioche.

         Au temps des apôtres, l'entrée du site n'était qu'un passage discret creusé dans le rocher. Les Croisés le transformèrent au Moyen Age en une prestigieuse façade en maçonnerie, que l'on peut franchir aujourd'hui pour pénétrer dans une vaste caverne. Sous sa voûte naturelle soutenue par de larges piliers, trônent un simple autel en maçonnerie et un vieux siège de pierre. Des traces de fresques et de mosaïques sont encore visibles sur les parois et le sol. A gauche de l'autel, une ouverture creusée dans la paroi conduit via un couloir étroit à une seconde sortie dissimulée d'un autre côté de la colline. Sans doute cette galerie était-elle une sortie dérobée permettant aux occupants de s'échapper en cas d'alerte.

           






L'autel de l'église Saint-Pierre.
(sacred-destinations.com)


L'intérieur de l'église Saint-Pierre.
(sacred-destinations.com)

 



Le destin des douze apôtres

 

    A partir du chapitre 12 du livre des Actes, le récit du parcours de Pierre et des onze autres disciples s'interrompt pour laisser la place aux voyages de Paul. Ce qu'il advint des apôtres ne figure pas dans la Bible ; seules quelques informations extérieures nous sont parvenues indirectement.

    Au XIIIème siècle, le moine et évêque de Gènes Jacques de Voragine réalisa à partir de documents alors disponibles un ouvrage de synthèse sur l'histoire des apôtres et des premiers saints. Sous le nom de "Légende dorée", cette compilation tirée de documents aujourd'hui disparus connut un grand succès et constitue encore une source littéraire précieuse.

         On trouve dans la "Légende dorée" des renseignements sur les voyages d'évangélisation entrepris par les douze apôtres, qui se seraient dispersés dans le monde pour y fonder des églises. De l'Inde à l'Espagne, de l'Ethiopie à la mer Noire, les disciples du Christ Jésus prêchèrent la "bonne nouvelle" avec un zèle infatiguable, se heurtant souvent aux cultes païens ou juifs. La plupart d'entre eux le payèrent de leur vie dans des conditions cruelles, le paradoxe étant que les circonstances héroïques de leurs martyres favorisèrent encore davantage la diffusion de leur message.






Un exemplaire médiéval
de la Légende dorée
de Jacques de Voragine.
(gallica.bnf.fr).





    Ainsi apprend-on que Pierre se rendit à Rome pour y vaincre le magicien Simon, et qu'en représailles l'empereur Néron le fit crucifier la tête en bas. De même, Jacques dit "le Majeur", fils de Zébédée et frère de Jean, séjourna en Espagne puis devint à son retour le premier évêque de Jérusalem où il fut décapité. André, après un voyage autour de la mer Noire, fut arrêté en Grèce et mourut sur une croix en forme de X. Matthieu partit évangéliser l'Ethiopie où il fut assassiné après avoir célébré une messe. Le seul apôtre non martyr serait l'apôtre Jean, évangéliste et auteur supposé de l'Apocalypse.

         Les autres apôtres moins connus furent également victimes de leur zèle missionnaire. Thomas et Barthélemy partirent pour l'Inde où ils furent tués, le premier d'un coup de lance et le second écorché vif puis décapité. Jacques "le Mineur", fils d'Alphée, prêcha dans plusieurs pays et finit crucifié en Egypte. Philippe aurait prêché en Asie Mineure et serait mort à Hiérapolis par lapidation ou crucifixion. Simon et Thaddée (ou Jude) partirent annoncer l'Evangile en Mésopotamie et en Perse, où ils furent égorgés dans un temple païen [2].







La tombe de saint Pierre à Rome.
(standrewwbo.blogspot.fr).


La tombe de saint Jacques à Compostelle.
(gnostictemplars.org).




    Des traditions locales relatives à la mémoire des apôtres se mêlent parfois à des éléments archéologiques. Ainsi le tombeau de saint Pierre a-t-il été retrouvé à Rome en 1940 dans le sous-sol de la basilique pontificale. De même l'Espagne honore-t-elle la traditionnelle sépulture de l'apôtre Jacques le Majeur, dont la redécouverte légendaire au IXème siècle fut faite à la suite de l'apparition d'une étoile miraculeuse au-dessus du champ où la tombe était dissimulée. Le lieu-dit du "champ de l'étoile", campus stella en latin, est peut-être à l'origine du nom de Saint-Jacques-de-Compostelle.

         Mais sait-on que l'Inde vénère à Mylapore un tombeau de l'apôtre Thomas, et que son squelette presque complet est actuellement conservé à Ortona en Italie ? Sait-on que cette tombe est en outre associée à une curieuse stèle gravée d'une croix et qui avait l'étrange réputation de saigner au XVIème siècle [3][4] ? Est-on informé que la sépulture de saint Philippe a été découverte en 2011 à Pamukkale, l'ancienne Hiérapolis, dans les ruines d'une basilique byzantine ? De nombreuses tombes de saints ont ainsi été retrouvées sur les lieux supposés de leurs martyres.








L'ancienne tombe de saint Thomas à Mylapore.
(backpackers-around.com).


La stèle de saint Thomas.
(usf.usfca.edu)


 

L'ossuaire de "Jacques, frère de Jésus"


            C’est le lieu d’évoquer l'existence d’un objet qui fut révélée en 2002 et dont l’authenticité a suscité un grand débat. Un collectionneur de Tel Aviv montra un jour à l'épigraphiste français André Lemaire un ossuaire antique gravé d'une courte inscription en araméen. Le spécialiste français traduisit celle-ci sans difficulté de la manière suivante : "Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus". D'après le style des lettres, l'inscription paraissait authentique et semblait dater du premier siècle.

            Du fait que les noms des personnages cités pouvaient désigner Jésus de Nazareth et sa famille, le déchiffrement de cette inscription fit grand bruit dans les médias et déclencha une vive controverse. L'objet pouvait apparaître comme une preuve de l'existence historique de Jésus-Christ ; mais en même temps l'hypothèse qu'il ait eu un frère pouvait mettre en doute le dogme catholique de la virginité de Marie. L'apôtre Jacques est certes présenté comme son "frère" dans le Nouveau Testament, mais la contradiction est habituellement résolue par le sens du mot parfois utilisé pour désigner un cousin.

            Un colloque de spécialistes réuni à Toronto à propos de cet objet vit se dérouler des débats houleux. Le propriétaire affirmait avoir acheté l'ossuaire à un antiquaire de Jérusalem, selon lequel il proviendrait d'un caveau du quartier arabe de Silwan, au sud du mont des Oliviers.


 



L'ossuaire de Jacques
(en.wikipedia.org).


L'inscription de l'ossuaire de Jacques
(abu.nb.ca).



             D'autres chercheurs estimaient que l'objet était authentique, mais que l'inscription ne l'était pas. Pour trancher la question, l'Institut de géologie israélien effectua alors une étude minéralogique des impuretés incrustées dans les lettres gravées : il conclut à l'ancienneté réelle des inscriptions. Mais inversement, une analyse isotopique de l'oxygène de la même patine montra des anomalies à mettre sur le compte d'une couche d'impuretés rajoutée artificiellement ... Les résultats des examens étaient donc contradictoires [5][6].

            En fait, le propriétaire de l'ossuaire était déjà soupçonné d'activités frauduleuses et de contrefaçon d'antiquités. Une enquête officielle démasqua un réseau de faussaires, et révéla un atelier de fabrication d'objets "bibliques" qui aurait fonctionné pendant plus de vingt ans. Il apparut dès lors que l'ossuaire de Jacques en était vraisemblablement une production [7][8].

            Le problème de la contrefaçon sur le marché des antiquités n'est pas nouveau, et la recherche historique doit parfois faire appel à des expertises pointues. L'un des critères est le suivi de l'origine des objets, la prudence s'imposant lorsqu'ils ne proviennent pas de fouilles de terrain ouvertement déclarées.


L'énigme de l'église de Rihab

 

De nouveaux indices parlant de la naissance du christianisme se révèlent de temps à autre sous la truelle des archéologues. Dans le Nord de la Jordanie par exemple, la petite ville de Rihab a livré en 2008 les ruines d'une église à classer elle aussi parmi les plus anciennes du monde  [9][10][11].

    Les fouilles dirigées par le docteur Abdul Qader al-Husan, du centre d'études archéologiques de Rihab, ont d'abord permis de dégager au niveau du sol les ruines d'une église byzantine consacrée à Saint-Georges. Quelques bases de murs émergeant des dunes de sable entourent des fragments de piliers et de motifs finement sculptés qui représentent des croix et des rosaces. Le sol est recouvert d'une splendide mosaïque, en parfait état, dans laquelle se lit une inscription grecque au pied des marches du chœur. Le texte occupe six lignes et rend hommage à "soixante-dix divins bien-aimés de Dieu".

    On ignore véritablement à quel groupe de personnes cette inscription fait référence. Il pourrait s'agir du cercle plus large des soixante-dix disciples de Jésus cités dans l'Evangile de Luc (10, 1-24). La suite de l'étude du site devait fournir une réponse plus exacte.






L'église Saint-Georges à Rihab en Jordanie.
(johnsanidopoulos.com)


L'inscription de l'église Saint-Georges.
(johnsanidopoulos.com)



    A gauche de la nef, quelques marches descendent vers une porte étroite donnant accès à une crypte. L'intérieur de cette cave est séparé en deux parties. Une petite pièce à peu près circulaire est entourée de sièges grossièrement taillés dans la paroi. Un mur la sépare d'un espace plus vaste, depuis lequel un profond tunnel conduit à une citerne et à une source d'eau.

    Cette crypte située en-dessous de l'église byzantine est vraisemblablement un ancien sanctuaire paléochrétien. La pièce circulaire serait l'ancienne abside, et la grande salle aurait servi de nef ou de lieu de refuge lors des persécutions.

    Au niveau du sol, un cimetière attenant a fourni des artéfacts permettant de dater le site. Des poteries dont les âges s'échelonnent du IIIème au VIIème siècles ont donné la date la plus ancienne, qui tourne autour de 230. Mais le docteur al-Husan estime que l'occupation de cette cave par des chrétiens a pu commencer encore plus tôt, dès le milieu du Ier siècle. Selon lui, les soixante-dix disciples de Jésus seraient venus séjourner à Rihab et auraient aménagé l'église souterraine.





Le sous-sol de l'église Saint-Georges.
(johnsanidopoulos.com)


Le sous-sol de l'église Saint-Georges.
(stmaterne.blogspot.com)




    Cependant une autre suggestion à été faite quant à l'identité des personnages mentionnés par la mosaïque byzantine. John Sexton, étudiant de l'Université de Biola, associe cette inscription à un vieux texte de l'historien Eusèbe de Césarée, d'après lequel un groupe de soixante-dix chrétiens s'échappa de Jérusalem assiégée lors de la révolte juive de 66-70, et se rendit à Pella en Jordanie [12]. Qui sait si ces réfugiés n'auraient pas prolongé leur fuite jusqu'à Rihab, située encore plus à l'Est que Pella ? Si tel était le cas, l'église Saint-Georges constituerait une trace du passage de cette communauté mentionnée par Eusèbe de Césarée.





Références :

[1] - J. Kaplan : "The Archaeology and History of Tel Aviv-Jaffa". The Biblical Archaeologist, Vol. 35, No 3 (Sep. 1972), pp.65-95.
[2] - J. de Voragine "La légende dorée. Vie des douze apôtres". Librio, Paris 2004.
[3] - "The tomb of the saint". Thomas the apostle (stthoma.com).
[4] - "Analogical review on Saint Thomas Cross - The symbol of Nasranis - Interpretation of the Inscriptions" (nasrani.net).
[5] -
[6] -
[7] -
[8] -
[9] - "Archéologie : la première église au monde découverte en Jordanie ?" Saint Materne, 11 juin 2008 (stmaterne.blogspot.com).
[10] - Y. Menissier : "Jordanie : on aurait découvert la plus vieille église du monde" (fepef.com).
[11] - J. Sanidopoulos : "A First Century Church in Jordan ? "(johnsanidopoulos.com).
[12] - J. Sexton : "Very Ancient Church Discovered in Jordan (updated photos)" (verumserum.com).




 





La suite : Dans le sillage de saint Paul

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