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     Que savons-nous précisément aujourd’hui de l’histoire de la civilisation mésopotamienne, postérieurement au « Déluge » qu’elle mentionne dans ses tablettes ? « Lorsque le Déluge eut tout nivelé, la royauté s’installa à Kish » dit la liste royale sumérienne. Cette formule laconique est suivie d’une longue énumération de rois post-diluviens qui se succèdent interminablement. En croisant cette source avec les informations tirées des autres documents, les assyriologues ont tenté d’esquisser les contours d’une histoire mésopotamienne antique. La difficulté essentielle vient du fait que l’histoire événementielle se perd au milieu des textes administratifs et des récits mythologiques. Mais la lumière se fait peu à peu sur cette histoire encore peu connue du grand public et qui remonte à des temps immémoriaux.




La Mésopotamie antique
(fr.wikipedia.org).


            Schématiquement, les spécialistes distinguent plusieurs périodes, aux cours desquelles de grandes cités de la plaine fluviale fondent successivement de puissants empires, qui apparaissent puis disparaissent après avoir dominé temporairement l’ensemble du pays. Après avoir conquis toute la plaine, chaque ville devenue une capitale finit par décliner, puis par s’effacer jusqu’à ce qu’une cité rivale prenne sa place. Ce processus se reproduit plusieurs fois de suite, comme si la concurrence permanente entre les grandes cités était une caractéristique profonde de la Mésopotamie antique.


La période d’Akkad

 

     La « période dynastique archaïque », déjà évoquée plus haut et dans laquelle s’insère l’épisode du Déluge mésopotamien, s’achève vers 2340 av. J.-C. Elle cède la place à la période dite « d’Akkad », du nom de la première cité-Etat qui brise l’indépendance des autres cités. Son fondateur, Sargon d’Akkad, n’est même pas de sang royal. Un récit légendaire conte sa naissance en le présentant comme un enfant abandonné sur un panier flottant et recueilli par un jardinier. Ayant pris le pouvoir à Kish, il se fait appeler « roi légitime », puis lance ses armées à la conquête de la Mésopotamie. S’emparant successivement de plusieurs cités de la plaine, depuis Sumer jusqu’à la Haute-Mésopotamie, il se taille le premier empire politique du monde, qui s’étend sur toute la vallée des deux fleuves. Les détails de son règne sont pourtant mal connus, car la littérature qui s’y rapporte semble plus empreinte de légendes et de poésie que de faits réels.

            Après la mort de Sargon, son petit-fils Naram-Sin poursuit son programme de conquêtes, poussant plus au Nord vers des territoires limitrophes de la Syrie, puis vers l’Est de la Mésopotamie. Certains textes le disent vainqueur des royaumes d’Anatolie (l’actuelle Turquie), mais ces affirmations soulèvent de grands doutes. En réalité, le roi Naram-sin n’a pas très bonne réputation. Les tablettes l’accusent d’avoir pillé le temple de Nippur, provoquant ainsi une sorte de malédiction qui expliquerait les échecs futurs de la dynastie.





Tête d'un roi d'Akkad (Sargon ?)
(brynmawr.edu).


Stèle du roi Naram-Sin
(sumerianshakespeare.com).


     En apparaissant comme les premiers conquérants de l’Histoire, les rois Sargon et Naram-Sin marquent durablement les esprits et la mémoire collective. Pourtant, les successeurs de ces vaillants monarques ne peuvent empêcher l’affaiblissement progressif de l’empire d’Akkad. Celui-ci est la proie d’une invasion de la plaine par un peuple barbare des montagnes du Zagros, qui dévaste ses territoires. Le royaume d’Akkad, fortement diminué, disparaît quelques années plus tard, victime de querelles de succession internes. La période d’Akkad se termine dans les années 2200 environ avant notre ère.

 



Statue du prince Gudéa de Lagash
(deadideas.net).


La période néo-sumérienne

 

     Celle-ci voit le retour en force des villes sumériennes du Sud du pays, comme Lagash et Ur. C’est un roi de Ur appelé Ur-Nammu qui prend peu à peu le contrôle de toute la Basse-Mésopotamie. Dans les territoires qu’il soumet, Ur-Nammu restaure la prospérité perdue, réorganise l’administration, réforme la justice et édicte le premier code de lois connu du monde. Dans plusieurs cités conquises, il fait bâtir de grandes tours de briques en terrasses superposées, appelées les « ziggourats » et qui deviendront des monuments emblématiques de la Mésopotamie.

      A sa mort, son fils Shulgi poursuit son oeuvre, guerroyant avec succès dans le Nord du pays et dans plusieurs régions du Zagros occidental. L’oeuvre civile de Shulgi est elle aussi marquée par des réformes administratives et une forte bureaucratisation. Le roi se fait diviniser et encourage la production d’une littérature à sa gloire. A Ur, il fait élever une imposante ziggourat dans l’enceinte du temple du dieu de la lune, Nanna.




La ziggurat d'Ur
(brynmawr.edu).



            Les successeurs de Shulgi ne parviennent pas à empêcher la lente désorganisation du royaume, ni les incursions hostiles des peuples étrangers, ni le retour à l’indépendance des autres cités. Ur semble tomber définitivement à la suite d’une invasion élamite venue de l’Est, vers 2000 av. J.-C.

La période paléo-babylonienne

 

     Avec la période « paléo-babylonienne » (2000-1595 av. J.-C.), ce sont des envahisseurs venus de Syrie, les Amorrites, qui se rendent maîtres du pays. Ils y fondent plusieurs royaumes indépendants, mais que des conflits incessants opposent entre eux, générant une grande confusion pendant deux siècles. Il faut attendre que l’un de ces royaumes, celui de Babylone, étende sa domination sur tous les autres. Au cours de plusieurs campagnes guerrières, le roi de Babylone Hammourabi prend le contrôle de l’ensemble de la Mésopotamie, reconstituant pour son propre compte l’unité du pays.

            Hammourabi n’est pas seulement célèbre pour ses faits de guerre. Son règne long et prestigieux est surtout connu pour le fameux code de lois qu’il fait graver sur une imposante stèle de basalte. La législation est précise au point que le « code de Hammourabi » suscite encore aujourd’hui l’admiration des historiens. Sa politique intérieure est également connue à travers une collection de lettres royales, par lesquelles il régularise les impôts, aménage le lit des fleuves, adapte le calendrier et prend soin des troupeaux de bétail.


La stèle d'Hammourabi
(sites.google.com/a/jeffcoschools.us)


     Le prestigieux empire de Hammourabi est pourtant bien éphémère, car après la mort de son fondateur ce vaste ensemble politique se disloque, victime de nouvelles invasions, d’une crise économique et de l’émancipation des villes soumises. Le royaume paléo-babylonien subsiste pendant deux siècles, avant de tomber sous les coups d’une invasion hittite, en 1595.

     C’est pourtant un autre peuple envahisseur, celui des énigmatiques Kassites, qui prend le pouvoir à Babylone et y fonde une nouvelle dynastie. Celle-ci domine durablement la partie sud de la Mésopotamie, tandis que le Nord échappe à son contrôle. Le royaume kassite de Babylone perdurera et connaîtra la prospérité pendant quatre siècles.

        Tel est, en simplifiant beaucoup, le tableau que l’on peut tracer de l’histoire de la première civilisation humaine dans ses temps les plus anciens.








Références :

[1] - G. Roux : « La Mésopotamie ». Seuil, Paris 1995.








La suite : La tour de Babel retrouvée ?

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