Pour honorer le Dieu des Hébreux, Salomon fit construire un Temple majestueux sur une colline de Jérusalem. Il y eut dans l’Histoire deux Temples consécutifs construits à Jérusalem, le premier par Salomon au Xème siècle av. J.-C., et le second à sa place par Hérode le Grand au Ier siècle av. J.C.. Ces deux ouvrages monumentaux ont été tour à tour entièrement détruits.
Le Temple de Salomon est resté debout pendant plusieurs générations après son fondateur. Il fut entièrement démoli lors de la prise de Jérusalem par l'armée babylonienne, en 587 av. J.-C.. C'est à la suite de ce désastre que le peuple hébreu fut déporté en masse à Babylone, où il demeura en exil pendant une cinquantaine d'années.
Aujourd'hui, les traces ou objets relatifs à ce premier Temple sont rares. Mais les indices évoquant l'époque du royaume de Salomon ne se limitent pas à des constructions imposantes. Le peu d'indices qui s'y rapportent font parfois l'objet de controverses entre spécialistes quant à leur authenticité.
Représentation du temple de Salomon à Jérusalem. Peinture de Christopher Evans. (image : www.fas.harvard.edu/~semitic) |
Plan du temple de Salomon. (image : http://www.huc.edu/de/arubin) |
En 1979, des recherches effectuées dans la
vallée de la
Géhenne (Ketef Hinnom), au sud-ouest de Jérusalem, ont
permis de mettre à jour
une grotte qui contenait un mobilier antique comprenant entre autres
deux
amulettes. Il s'agissait de petites feuilles d'argent enroulées
sur
elles-mêmes, que l'on devait vraisemblablement porter sur soi.
Déployées, elles
mesurent quelques centimètres. Sur ces feuilles sont
gravés quelques caractères
en hébreu ancien. Le texte qui a été traduit, est désormais reconnu comme étant un extrait de l'Ancien Testament, plus précisément deux versets du livre des Nombres (6, 24-25). Il s'agit d'un poème de bénédiction, qui fait partie du rituel des prêtres longuement décrit dans le Pentateuque : "Que Yahweh te bénisse et te garde. Que Yahweh fasse pour toi rayonner sa face et t’acorde sa grâce !" En 2004, des chercheurs américains et israéliens ayant étudié ces deux objets en laboratoire, ont conclu à leur authenticité et les ont datés de l'époque du Temple de Salomon. Ces documents s'avèrent être les plus anciens exemplaires connus d'extraits de textes bibliques [1]. |
Plaque d'argent gravée portant un extrait du livre des Nombres. (image : http://www.israel-mfa.gov) |
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La grenade en ivoire qui
proviendrait du temple de Salomon.
(image : http://www.arkdiscovery.com |
Ce petit objet d'ivoire en forme de grenade, mesurant deux à trois centimètres, porte une inscription la rattachant au culte du premier Temple. On pense qu'elle faisait partie du mobilier liturgique utilisé par les prêtres du sanctuaire. Le texte de l'inscription en hébreu ancien peut se traduire par : "Appartenant au Temple de Yahvé, sacré aux yeux des prêtres".
Après expertise, il semble que
l’ancienneté
de l'objet soit confirmée. En revanche, l'authenticité de
l'inscription
elle-même est mise en doute [2].
Conservé au musée du Caire, cet objet acquis en 1980 pour
un prix très élevé,
aurait été découvert dans des circonstances
très particulières (voir article).
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Il y a quelques années, l'attention des archéologues fut attirée par une stèle qui était mise en vente par un marchand d'antiquités, Oded Golan. Cette pierre gravée portait un texte en hébreu ancien qui exprimait une dédicace du Temple attribuée au roi Josias. La pièce fut étudiée par des laboratoires scientifiques israéliens. D'abord authentifiée, elle s'avéra ensuite être une contrefaçon. Une enquête policière permit de remonter la filière jusqu'à un atelier clandestin. On y confectionnait et on transformait des objets "bibliques", pour les revendre à des prix très élevés. Le réseau de faussaires ainsi démantelé incita les archéologues à redoubler de vigilance lorsqu'ils sont en présence d'objets anciens [3][4]. |
La (fausse) pierre gravée
du temple de Salomon.
(image : http://www.bib-arch.org)
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Le second Temple, construit pour remplacer le premier, fut l'oeuvre du roi d'Israël Hérode le Grand, vers l'an 19 avant notre ère. Il fut élevé lui aussi sur le Mont du Temple. Il sera à son tour détruit en l'an 70 de notre ère, par l'armée romaine lors de la ruine de Jérusalem, à la suite de la malheureuse révolte juive. L'épisode de sa destruction a été racontée en détail par l'historien Flavius Josèphe dans sa "Guerre des Juifs". Il ne reste aujourd'hui du second Temple qu'un seul mur de soubassement, où viennent toujours se recueillir des milliers de Juifs : le Mur des Lamentations. Ce vestige reste un lieu de culte de toute première importance pour les Juifs d’aujourd'hui.
Les informations dont nous disposons permettent de se faire une idée de ce monument disparu. Il existe aujourd'hui à Jérusalem une splendide maquette du Temple d'Hérode, construite dans les jardins du musée d’Israël et accessible au grand public.
Maquette du temple d'Hérode à Jérusalem. (image : http://www.biblepicturegallery.com) |
Maquette du temple d'Hérode à Jérusalem. (image : http://www.knls.org) |
Parmi les rares vestiges supposés du Temple
d'Hérode, il
existe une pierre gravée portant une inscription en
hébreu. La pierre porte les
mots : "... à la place des trompettes". Cette pierre
provient
d'un bloc sculpté ayant pu appartenir au monument. Elle a pu
récemment
retrouver le bloc taillé d'où elle provenait.
Une autre pierre gravée qui fut
trouvée sur place, porte une
inscription en grec interdisant l'entrée du sanctuaire du Temple
aux non-juifs.
On retrouve d'ailleurs mention de cette interdiction dans les
descriptions du
Temple faites par Flavius Josèphe, où celui-ci parle de
telles inscriptions
ainsi gravées en grec et en latin, et disposées
régulièrement autour de la
seconde cour [5].
| Une pierre gravée qui
semble avoir appartenu au second Temple.
(image : http://en.wikipedia.org)
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Une pierre gravée en grec
interdisant l'accès du sanctuaire aux non-juifs.
(image : http://bible-history.com) |
Des deux Temples ayant existé successivement, il ne reste pratiquement rien, et on ne connaît même pas leur emplacement exact. Nous savons seulement qu'ils occupaient l'actuel Mont du Temple. Seule la muraille entourant la "cour des Gentils" possède encore des fondations enterrées, qui ont été examinées par les chercheurs. Le mur des Lamentations est la seule portion encore entière de l'enceinte. Parmi les restes des fondations du mur ouest, un bloc de pierre est particulièrement impressionnant. Taillé avec soin, il possède des dimensions cyclopéennes, avec ses 13 mètres de long. Autre vestige visible, dans l'angle sud-ouest de l'enceinte se remarque encore un reste de "l'Arche de Robinson", qui supportait un escalier donnant accès au Temple.
| Un bloc cyclopéen,
appartenant aux fondations de l'ancienne muraille extérieure.
(image :
http://www.mc-rall.de/histnt.htm)
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Vestige de l'Arche de Robinson,
ayant supporté un escalier d'accès au Temple.
(image : http://www.mc-rall.de/histnt.htm) |
Le Dôme du Rocher vu du mont des Oliviers. (image : http://fr.wikipedia.org) |
Le Rocher vu de l'intérieur de la coupole. (image : http://www.christusrex.org) |
Une autre particularité est à signaler
concernant ce rocher,
peu connue mais qui n’a pas manqué d'exciter les esprits
curieux. Abrité sous
la coupole du Dôme, le volumineux rocher d’Omar abrite
lui-même une grotte, à
laquelle on accède par un escalier descendant. Le sol de cette
salle
souterraine est dallé, et en son milieu une grande dalle de
pierre taillée,
massive et épaisse, a la particularité de sonner creux.
Ce détail a intrigué
bon nombre de visiteurs, nul ne sachant ce qui pouvait se dissimuler
au-dessous. Leur curiosité n'aurait jamais dû être
satisfaite,
car ce sanctuaire musulman est interdit de fouille. En 1911 pourtant,
un
aventurier britannique, le capitaine Montague Parker, était en
quête des
trésors perdus du roi Salomon. Persuadé qu’ils se
trouvaient sous l’ancien
Temple, il tenta un accès par le dallage de la grotte du
dôme du rocher. Aidé
de plusieurs ouvriers, il tenta de se glisser clandestinement pendant
une nuit sous
cette pierre. Ils auraient réussi à dégager le
passage, et auraient aperçu
l'ouverture d'un puits profond. Mais le bruit qu'ils firent en creusant
alerta
le gardien de la mosquée, et ils furent pris sur le fait. On
frôla l’incident
diplomatique et Parker et ses assistants durent quitter la terre
d'Israël pour ne
plus y revenir ... De nos jours encore, la grotte du Dôme du
Rocher garde sa
part de mystère [6][7].