Le Temple de Jérusalem





Pour honorer le Dieu des Hébreux, Salomon fit construire un Temple majestueux sur une colline de Jérusalem. Il y eut dans l’Histoire deux Temples consécutifs construits à Jérusalem, le premier par Salomon au Xème siècle av. J.-C., et le second à sa place par Hérode le Grand au Ier siècle av. J.C.. Ces deux ouvrages monumentaux ont été tour à tour entièrement détruits.


Le Temple de Salomon


       Le premier Temple, bâti au Xème siècle av. J.-C. par le roi Salomon, était conçu pour abriter l'Arche d'Alliance contenant les deux Tables de la Loi. Il fut érigé sur l'actuel "Mont du Temple" avec le concours d'un roi phénicien allié de Salomon, Hiram de Tyr. La description de ce premier Temple est minutieusement détaillée dans l'Ancien Testament (1 Rois, 6-7). Les détails qui y sont donnés, forme, dimensions et ornements, permettent d'imaginer un monument somptueux. Les matériaux les plus nobles furent employés : or, bronze, marbre, cyprès, olivier, cèdre du Liban ... Schématiquement, le monument comprenait trois niveaux d'accès : la cour extérieure, le sanctuaire et le saint des saints. C'est dans ce dernier lieu qu'était conservée l'Arche de l'Alliance qui contenait les Tables de la Loi.

        Le Temple de Salomon est resté debout pendant plusieurs générations après son fondateur. Il fut entièrement démoli lors de la prise de Jérusalem par l'armée babylonienne, en 587 av. J.-C.. C'est à la suite de ce désastre que le peuple hébreu fut déporté en masse à Babylone, où il demeura en exil pendant une cinquantaine d'années.

       Aujourd'hui, les traces ou objets relatifs à ce premier Temple sont rares. Mais les indices évoquant l'époque du royaume de Salomon ne se limitent pas à des constructions imposantes. Le peu d'indices qui s'y rapportent font parfois l'objet de controverses entre spécialistes quant à leur authenticité.






Représentation du temple de Salomon à Jérusalem.
Peinture de Christopher Evans.

(image : www.fas.harvard.edu/~semitic)



Plan du temple de Salomon.
(image : http://www.huc.edu/de/arubin)



Un très vieil extrait de texte biblique




        En 1979, des recherches effectuées dans la vallée de la Géhenne (Ketef Hinnom), au sud-ouest de Jérusalem, ont permis de mettre à jour une grotte qui contenait un mobilier antique comprenant entre autres deux amulettes. Il s'agissait de petites feuilles d'argent enroulées sur elles-mêmes, que l'on devait vraisemblablement porter sur soi. Déployées, elles mesurent quelques centimètres. Sur ces feuilles sont gravés quelques caractères en hébreu ancien.

        Le texte qui a été traduit, est désormais reconnu comme étant un extrait de l'Ancien Testament, plus précisément deux versets du livre des Nombres (6, 24-25). Il s'agit d'un poème de bénédiction, qui fait partie du rituel des prêtres longuement décrit dans le Pentateuque : "Que Yahweh te bénisse et te garde. Que Yahweh fasse pour toi rayonner sa face et t’acorde sa grâce !" En 2004, des chercheurs américains et israéliens ayant étudié ces deux objets en laboratoire, ont conclu à leur authenticité et les ont datés de l'époque du Temple de Salomon. Ces documents s'avèrent être les plus anciens exemplaires connus d'extraits de textes bibliques [1].



Plaque d'argent gravée portant
un extrait du livre des Nombres.

(image : http://www.israel-mfa.gov)




La grenade du Temple de Salomon



 

La grenade en ivoire qui proviendrait du temple de Salomon.
(image : http://www.arkdiscovery.com

        Ce petit objet d'ivoire en forme de grenade, mesurant deux  à trois centimètres, porte une inscription la rattachant au culte du premier Temple. On pense qu'elle faisait partie du mobilier liturgique utilisé par les prêtres du sanctuaire. Le texte de l'inscription en hébreu ancien peut se traduire par : "Appartenant au Temple de Yahvé, sacré aux yeux des prêtres".

        Après expertise, il semble que l’ancienneté de l'objet soit confirmée. En revanche, l'authenticité de l'inscription elle-même est mise en doute [2]. Conservé au musée du Caire, cet objet acquis en 1980 pour un prix très élevé, aurait été découvert dans des circonstances très particulières (voir article).



Une affaire de fraude : la pierre gravée du Temple de Salomon



        Il y a quelques années, l'attention des archéologues fut attirée par une stèle qui était mise en vente par un marchand d'antiquités, Oded Golan. Cette pierre gravée portait un texte en hébreu ancien qui exprimait une dédicace du Temple attribuée au roi Josias. La pièce fut étudiée par des laboratoires scientifiques israéliens. D'abord authentifiée, elle s'avéra ensuite être une contrefaçon. Une enquête policière permit de remonter la filière jusqu'à un atelier clandestin. On y confectionnait et on transformait des objets "bibliques", pour les revendre à des prix très élevés. Le réseau de faussaires ainsi démantelé incita les archéologues à redoubler de vigilance lorsqu'ils sont en présence d'objets anciens [3][4].



La (fausse) pierre gravée du temple de Salomon.
(image : http://www.bib-arch.org)




Le Temple d'Hérode le Grand

        Le second Temple, construit pour remplacer le premier, fut l'oeuvre du roi d'Israël Hérode le Grand, vers l'an 19 avant notre ère. Il fut élevé lui aussi sur le Mont du Temple. Il sera à son tour détruit en l'an 70 de notre ère, par l'armée romaine lors de la ruine de Jérusalem, à la suite de la malheureuse révolte juive. L'épisode de sa destruction a été racontée en détail par l'historien Flavius Josèphe dans sa "Guerre des Juifs". Il ne reste aujourd'hui du second Temple qu'un seul mur de soubassement, où viennent toujours se recueillir des milliers de Juifs : le Mur des Lamentations. Ce vestige reste un lieu de culte de toute première importance pour les Juifs d’aujourd'hui.






Le Mur des Lamentations, seul vestige actuel du second temple de Jérusalem.
(image : www.ebibleteacher.com)




        Les informations dont nous disposons permettent de se faire une idée de ce monument disparu. Il existe aujourd'hui à Jérusalem une splendide maquette du Temple d'Hérode, construite dans les jardins du musée d’Israël et accessible au grand public.






Maquette du temple d'Hérode à Jérusalem.
(image : http://www.biblepicturegallery.com)


Maquette du temple d'Hérode à Jérusalem.
(image : http://www.knls.org)




        Parmi les rares vestiges supposés du Temple d'Hérode, il existe une pierre gravée portant une inscription en hébreu. La pierre porte les mots : "... à la place des trompettes". Cette pierre provient d'un bloc sculpté ayant pu appartenir au monument. Elle a pu récemment retrouver le bloc taillé d'où elle provenait.

        Une autre pierre gravée qui fut trouvée sur place, porte une inscription en grec interdisant l'entrée du sanctuaire du Temple aux non-juifs. On retrouve d'ailleurs mention de cette interdiction dans les descriptions du Temple faites par Flavius Josèphe, où celui-ci parle de telles inscriptions ainsi gravées en grec et en latin, et disposées régulièrement autour de la seconde cour [5].



 

Une pierre gravée qui semble avoir appartenu au second Temple.
(image : http://en.wikipedia.org)



Une pierre gravée en grec interdisant l'accès du sanctuaire aux non-juifs.
(image : http://bible-history.com)


        Des deux Temples ayant existé successivement, il ne reste pratiquement rien, et on ne connaît même pas leur emplacement exact. Nous savons seulement qu'ils occupaient l'actuel Mont du Temple. Seule la muraille entourant la "cour des Gentils" possède encore des fondations enterrées, qui ont été examinées par les chercheurs. Le mur des Lamentations est la seule portion encore entière de l'enceinte. Parmi les restes des fondations du mur ouest, un bloc de pierre est particulièrement impressionnant. Taillé avec soin, il possède des dimensions cyclopéennes, avec ses 13 mètres de long. Autre vestige visible, dans l'angle sud-ouest de l'enceinte se remarque encore un reste de "l'Arche de Robinson", qui supportait un escalier donnant accès au Temple.






Schéma du temple de Jérusalem.
(image : http://www.mc-rall.de/histnt.htm)




 

Un bloc cyclopéen, appartenant aux fondations de l'ancienne muraille extérieure.
(image : http://www.mc-rall.de/histnt.htm)

 

Vestige de l'Arche de Robinson, ayant supporté un escalier d'accès au Temple.
(image : http://www.mc-rall.de/histnt.htm)




Le Dôme du Rocher


        Sur l’esplanade du Mont du Temple se dressent aujourd'hui deux mosquées, le Dôme du Rocher (Harâm al-Sharîf, renommée al-Aqsâ) et la mosquée el-Qalit. Reconnaissable de loin à sa grande coupole dorée emblématique de la ville sainte, le dôme du Rocher est intéressant à plus d'un titre. Construite par le sultan Omar en l'an 791 de notre ère, elle abrite un impressionnant bloc rocheux naturel d'une longueur de 17 mètres. D'après le Coran, c'est depuis ce rocher que le prophète Mahomet se serait envolé vers le Ciel. En outre, il serait également le lieu de plusieurs évènements bibliques : la création d'Adam, le sacrifice de Caïn et Abel, l'offrande de Noé sortant de l'Arche, le sacrifice d'Isaac, l'échelle de Jacob ...





Le Dôme du Rocher vu du mont des Oliviers.
(image : http://fr.wikipedia.org)


Le Rocher vu de l'intérieur de la coupole.
(image : http://www.christusrex.org)


        Une autre particularité est à signaler concernant ce rocher, peu connue mais qui n’a pas manqué d'exciter les esprits curieux. Abrité sous la coupole du Dôme, le volumineux rocher d’Omar abrite lui-même une grotte, à laquelle on accède par un escalier descendant. Le sol de cette salle souterraine est dallé, et en son milieu une grande dalle de pierre taillée, massive et épaisse, a la particularité de sonner creux. Ce détail a intrigué bon nombre de visiteurs, nul ne sachant ce qui pouvait se dissimuler au-dessous. Leur curiosité n'aurait jamais dû être satisfaite, car ce sanctuaire musulman est interdit de fouille. En 1911 pourtant, un aventurier britannique, le capitaine Montague Parker, était en quête des trésors perdus du roi Salomon. Persuadé qu’ils se trouvaient sous l’ancien Temple, il tenta un accès par le dallage de la grotte du dôme du rocher. Aidé de plusieurs ouvriers, il tenta de se glisser clandestinement pendant une nuit sous cette pierre. Ils auraient réussi à dégager le passage, et auraient aperçu l'ouverture d'un puits profond. Mais le bruit qu'ils firent en creusant alerta le gardien de la mosquée, et ils furent pris sur le fait. On frôla l’incident diplomatique et Parker et ses assistants durent quitter la terre d'Israël pour ne plus y revenir ... De nos jours encore, la grotte du Dôme du Rocher garde sa part de mystère [6][7].





L'intérieur du Dome montrant la grotte sous le Rocher,
 d'après une gravure ancienne.

(image : http://www.lifeintheholyland.com)







Références :

[1] - G Barkay, M.J. Lundberg, A.g. Vaughn, B. Zuckerman, K. Zuckerman : “The Challenges of Ketef Hinnom: Using Advanced Technologies to Reclaim the Earliest Biblical Texts an their Context“. Near Eastern Archaeology, Vol. 66, No. 4 (Dec. 2003), pp. 162-171.
[2] - http://www.bib-arch.org/bswbOOossuary_mayjune06.asp
[3] - "La pierre de Salomon". Vidéoprogramme, Arte.
[4] - http://www.bib-arch.org/bswbOOossuary_mayjune06.asp
[5] - http://bible-history.com/gentile_court/TEMPLECOURTWarning_Inscription.htm
[6] - http://www1.alliancefr.com/~temple/Bmloc.htm
[7] - http://www.gebus.com/Salomone_eng.htm



La suite : Qui était la reine de Saba ?

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